Entrepot logistique

Chaque e-commerçant se pose au moins une fois par an la question, lorsqu’il est submergé de colis à expédier et cela dans l’urgence à quelques jours de Noël : plus de temps pour s’occuper de l’animation du site marchand ou répondre aux sollicitations des clients… Que de soucis et de délais en moins si on avait externalisé la logistique ; et plus de satisfaction client !

Cette question de l’externalisation est presque aussi vieille que le e-commerce mais comme lui elle évolue à grande vitesse. Il n’y a évidemment pas de règle qui s’applique à tous les cas de e-commerce mais essayons de voir les clefs pour se décider. Augustin Gueldry du cabinet conseil en Supply Chain Colicoach aborde pour nous le sujet de l’externalisation de la logistique.

Le sujet comporte à mes yeux plusieurs volets qu’il faut prendre en compte tôt dans sa réflexion.

Le premier concerne l’expertise pour gérer de façon pertinente et efficace les réceptions de marchandises, les contrôles quantitatifs et qualitatifs, l’organisation du stock, la préparation de commandes, l’emballage et la livraison.

Vu de loin, cela semble souvent simple et rapide surtout si l’on a seulement quelques commandes par jour. Mais de plus près, et comme souvent, le diable se cache dans les détails, un jour les produits ne sont pas arrivés dans les quantités commandées, un autre c’est le stock qui n’est pas à jour en informatique ou pas synchrone avec le site marchand ou c’est le carton d’emballage qui manque, etc.…

Une logistique efficace est une logistique fluide pour gérer toutes les étapes sans incident, et agile pour s’adapter aux fluctuations ou aléas de l’activité. Le seuil à partir duquel cette activité nécessite une organisation très rigoureuse varie mais cela tourne, en général, autour de 15 à 40 commandes par jour.

Le deuxième porte sur le temps à consacrer ou non à faire ces tâches très chronophages, au détriment des actes de vente ou de promotion de son activité, car il ne faut jamais oublier que le e-commerce est avant tout du commerce.

Le canal de vente est jeune mais les règles, elles, sont ancestrales. Dans le commerce, il est toujours préférable d’être au contact de ses prospects ou clients pour les renseigner, les conseiller ou mieux les servir afin qu’ils reviennent ensuite.

Imaginez que votre commerçant de quartier passe son temps dans son arrière boutique à compter son stock ou à parler avec son fournisseur au lieu de vous accueillir avec un sourire et un bonjour lorsque vous passez le pas de sa porte… vous savez comme moi quel sera votre sentiment à son égard dans ce cas… certainement pas très bon.

Le troisième porte sur les coûts directs mais aussi indirects voire cachés pour gérer sa logistique. Je rencontre souvent de jeunes e-marchands qui m’évoquent avec satisfaction l’efficacité pour eux de faire tout eux-mêmes. Je comprends cette volonté de limiter les coûts au maximum au début de l’activité et c’est très légitime.

Mais lorsque je demande combien ils économisent, la réponse est souvent plus évasive. Ils concèdent que cela prend du temps mais « on le fait le soir ou tôt le matin et si besoin le coup de main familial est toujours disponible » et que régulièrement cela se fait au détriment du développement des ventes.

Cette solution est donc possible au démarrage pour valider l’intérêt du marché mais il faut bien anticiper dans son business plan les coûts de main d’œuvre ou d’une externalisation de la logistique. En effet, de nombreux projets sont bloqués dans leur croissance car le modèle économique ne fonctionne qu’avec une main d’œuvre « gratuite » ou bénévole.

Les journées n’ayant que 24H00, il y a un moment où le recours à du personnel rémunéré ou à un prestataire logistique devient obligatoire et il faut pouvoir en supporter le coût au risque de rester sinon, un business durablement embryonnaire.

Aujourd’hui, après une dizaine d’années de e-commerce, le niveau d’exigences des internautes a beaucoup augmenté sur le volet opérationnel de la commande. C’est-à-dire sa préparation physique (entrepôt) et son acheminement vers le destinataire (transport). Il faut donc, quel que soit la formule choisit, s’assurer de la capacité à servir correctement les clients pour ne pas subir sinon les conséquences habituelles que sont l’absence de fidélisation et/ou les mauvaises notes d’évaluation de votre site.

Les critères auxquels vous devez réfléchir avant de vous décider sur l’externalisation sont notamment :

Où sont basés mes fournisseurs et d’où viennent physiquement les produits et par quels moyens de transport ?


Un produit qui vient de votre région, d’un autre pays d’Europe ou de l’autre bout du monde ne supportera pas les mêmes coûts de transport amont et le même risque d’aléas durant le transport jusqu’à votre lieu de stockage.
Enlever vous-même vos produits chez un fournisseur à 100km est assez simple et peut être fait avec votre véhicule si besoin même pour un réassort urgent en cas de rupture ; mais si le produit est en Autriche ou qu’il arrive d’Inde en container au port d’Anvers…

Si vous avez plusieurs fournisseurs répartis dans des régions ou des pays différents, il faudra là aussi disposer des solutions de transport compétitives qu’un prestataire aura généralement plus de facilité à réaliser à moindre coût en raison de ses tarifs négociés avec les transporteurs.

La question du transport amont (coût, délai et fiabilité) est vaste mais il faut se la poser car les coûts peuvent être importants.
Les modalités de prise de possession de vos marchandises peuvent dans certains cas imposer le recours à un prestataire pour préserver vos marges.

Quel est le volume de votre stock ?

Selon la valeur unitaire des articles, le nombre de références, le nombre d’unités en stock par référence, la nature des articles (poids, volumes) etc.… votre stock ne demandera pas la même surface de stockage. Votre stock sera peut-être de quelques cartons à plusieurs dizaines de palettes. Vous disposez peut-être de quelques mètres cubes disponibles dans votre garage mais probablement pas de quelques dizaines ou centaines … De plus travailler dans un lieu encombré de cartons ne facilite pas la productivité lors de la préparation de commandes.

Il faut donc là aussi, voir comment évolue votre catalogue et les conséquences sur la taille de votre stock.

Quelles sont les modalités de livraison de vos commandes ?

En fonction de la nature de vos produits, les possibilités de transport sont très variables. On ne livre pas une paire de chaussures comme un lave-vaisselle ou une caisse de vin par exemple. Les contraintes opérationnelles du transport et surtout les coûts de livraison sont souvent mal évalués par les e-commerçants.

Il faut garder à l’esprit que souvent, le coût de la livraison représente 70% du coût de traitement opérationnel (logistique et livraison) d’une commande. Or, ce coût de transport est fortement lié aux volumes que vous confiez au transporteur.
Dès lors, si vous avez des volumes modestes vos conditions tarifaires de transport seront probablement beaucoup plus hautes que celle d’un logisticien. Il n’est pas rare que l’économie ainsi réalisée sur ce coût de livraison compense le coût de la préparation de commande par le prestataire logistique.

Il faut donc bien prendre en compte le coût global du traitement d’une commande pour statuer entre l’externalisation ou pas de sa logistique.

Plus largement les critères menant à votre décision d’externalisation vont évoluer tout au long de votre activité e-commerce, il faut donc se poser ces questions assez régulièrement pour voir si certains paramètres ne doivent pas faire évoluer votre organisation initiale. C’est à ce prix que vous pourrez conserver le bon équilibre entre coût et performance de votre logistique.

Cet article a été diffusé sur le Blog e-commerce de Trusted Shops qui vous communique des conseils sur les façons de réussir votre projet e-commerce.

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