Google, Amazon eBay : la lutte des géants

Google_VS_Bing

« Google shopping, le comparateur de prix gratuit de Google connaît un succès croissant depuis son lancement. Depuis peu, Google a décidé de délaisser le modèle gratuit qui avait fait son succès auprès des e-commerçants pour se tourner vers un modèle payant. Le moteur de recherche Bing y a vu une belle opportunité pour discréditer son rival.

Le succès de Google Shopping : 

Rapidement après son lancement, Google Shopping est devenu un comparateur de prix à succès. Pour trois raisons entre autres :

1) Sa gratuité. Ce qui signifie pour les commerçants une source de trafic non négligeable totalement gratuite et pour les consommateurs : une objectivité supposée de la part de Google puisque celui-ci ne percevant pas d’argent de la part des e-commerçants peut se permettre de rester neutre et d’afficher les résultats en toute objectivité.

2) C’est un service qui a pu bénéficier de la force de frappe de Google qui a choisi d’inclure les résultats de son comparateur de prix directement dans les résultats des recherches classiques.

3) Google a pénalisé les autres comparateurs de prix. Ceux-ci dépendaient en grande partie de Google. Le jour où Google a lancé son comparateur de prix, ils se sont donc trouvés dans une situation délicate : celle de dépendre de son concurrent.

Fort de son succès. Google décide de changer de stratégie et de passer à un modèle payant qui est en vigueur Depuis le 15 août aux Etats-Unis et qui devrait arriver dans l’hexagone d’ici le 13 février 2013. Désormais les sites e-commerces qui souhaiteront avoir leurs produits sur Google shopping devront payer.

L’occasion était trop belle pour Bing (le moteur de recherche de Microsoft qui essaye tant bien mal de concurrencer Google) qui a décidé d’attaquer Google en le discréditant auprès des internautes. Pour ce faire, Bing a lancé une vaste campagne marketing sur internet à travers laquelle il dénonce les agissements de Google en ces termes :

« Google Shopping is nothing more than a list of targeted ads that unsuspecting customers assume are search results. They call these « Product Listing Ads » a « truly great search. »  »

Je vous fais une traduction approximative :

« Google Shopping n’est rien de plus qu’une liste de publicités ciblées qu’un utilisateur non averti considérera comme des résultats de recherche. Ils appellent cette « liste de produits publicitaire » une « super recherche ». »

La question à se poser est :

Google shopping perd-il en crédibilité en basculant vers un modèle payant ?

Les arguments pour le « Oui, Google shopping va perdre en crédibilité » :

Google ne sera plus objectif du fait de la relation contractuelle qu’il aura avec les sites e-commerces. Alors que l’objectivité est la qualité essentielle que tout utilisateur attend d’un comparateur de prix.

Moins de marchands seront présents sur Google Shopping. Un certain nombre de sites e-commerces qui étaient auparavant référencés sur Google shopping décideront de ne plus y apparaître du fait du changement de modèle. Ce qui signifie moins de choix pour les utilisateurs qui souhaitent au contraire pouvoir comparer les prix chez un maximum de marchands pour trouver la bonne affaire.

Les argument pour le « Non, Google shopping ne va pas perdre en crédibilité »:

A vrai dire, tous les comparateurs de prix sur internet fonctionnent sur un modèle payant. Google Shopping était l’exception. De ce point de vue, il ne sera pas moins crédible que ses concurrents.

Ses résultats seront de meilleure qualité. C’est ce que Google avait affirmé lors de l’annonce du passage au payant, afin de contrer les éventuelles critiques. Il avait d’ailleurs titré son article « Building a better shopping experience » => « Construire une meilleure expérience d’achat »  et avait expliqué la chose de cette manière :

« We believe that having a commercial relationship with merchants will encourage them to keep their product information fresh and up to date. Higher quality data—whether it’s accurate prices, the latest offers or product availability—should mean better shopping results for users, which in turn should create higher quality traffic for merchants. »

« Nous croyons que mettre en place une relation commerciale avec les marchands les encouragera à garder les informations de leurs produits à jour. Une meilleure qualité des données (prix actuels, dernières offres, disponibilité des produits) devrait signifier de meilleurs résultats  pour les utilisateurs, ce qui en retour créera un trafic de meilleure qualité pour les marchands. »

A en croire Google, cela devrait donc profiter à tous : utilisateurs et marchands….

A mon niveau, au-delà de cette lutte, on assiste bel et bien aux prémices d’une nouvelle étape du commerce digital. Après l’arrivée en force des retailers aux premières places du classement américain des plus gros vendeurs sur le net, on assiste à présent à la riposte des acteurs historiques du net qui cherchent à construire une expérience de shopping complète.  Après Amazon et son service Premium (Amazon Premium permet de bénéficier de la livraison en 1 jour ouvré à volonté en France métropolitaine et à Monaco, Google cherche à son tour à faciliter l’expérience sur Google Shopping avec une offre de livraison  :

« Google is now in the same-day delivery business. In San Francisco, some people affiliated with Google can buy a product, using their phones or computers, and have it delivered to their homes in a matter of hours /…/

Though the service propels Google into commerce, the company does not intend to operate warehouses or a shipping service but to team up with retailers and delivery companies. Several San Francisco retailers, including national chains, are participating in the program already.

For shoppers, the service means they can avoid the trouble of driving to the store and some of the wait for items ordered online.

Same-day delivery could help physical retailers, which have been under siege from e-commerce companies that offer the convenience of shopping without leaving home. But online retailers offering same-day delivery could make life even harder for physical retailers, because letting people own something the same day has become physical retailers’ biggest remaining advantage. »

L’ enjeu d’une livraison le jour même est le moyen de faire tomber la dernière barrière entre un magasin de ville et un achat à distance par internet. On peut donc penser que la bataille ne fait que commencer et que les différents acteurs Amazon, eBay, Google etc… vont tout faire pour ne pas manquer ce tournant. Cela veut dire que pour tous les acteurs français et européens du commerce traditionnel B to B, il est grand temps de structurer au plus vite une offre digitale B to B digne de ce nom pour ne pas laisser le champ libre à ces géants car après l’Amérique, le continent européen sera la prochaine étape.  L’exemple de l’offre d’Amazon Supply donne le ton pour ceux qui douteraient encore de cette concurrence en marche. Dans ce jeu, l’efficacité du traitement de la commande, la logistique, la livraison et le service clients  vont devenir les clés de la compétitivité.

Source :  Blog Astuce ecommerce  

Source : Bits

 

 

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