Big box

Il y a encore très peu d’échos en dehors de la profession du transport routier autour de la Taxe Poids Lourds prévue pour Juin 2013.

Pourtant les enjeux sont significatifs pour la distribution des produits y compris pour le e-commerce. Cette législation concerne les véhicules de + de 3,5Tonnes alors vous allez me dire pas beaucoup de grosses commandes à livrer en B to C .

Oui MAIS :

– Mais le e-commerce commence à concerner aussi le B to B et là les commandes peuvent être plus grosses.  

– En B to C : avant de passer au dernier km les colis passent d’abord par des transports de grande distance effectués par des véhicules poids lourds notamment en traction nocturne… .

– Les produits encombrants nécessitant une livraison à deux personnes seront eux aussi concernés. 

Sans remettre en cause la nécessité d’une réflexion autour du transport routier pour ses impacts environnementaux, le contexte économique actuel national a évidemment une incidence très forte sur le Transport  Routier de Marchandises (TRM) :

 » Le transport routier français est sur le fil du rasoir. Le secteur est bloqué depuis le début 2012 sous le plancher des 35 milliards de tonnes/kilomètres par trimestre, un seuil critique franchi une seule fois en 10 ans suite à la crise de 2008. Depuis trois ans les marges se dégradent : l’écart entre les courbes de prix et de coût s’accroit progressivement, montrant l’incapacité des transporteurs à restaurer leurs marges. Depuis le 4ème trimestre 2011, la demande est en recul : la production industrielle française est repartie dans un trend baissier fin 2011, ce qui affecte directement les volumes transportés. Aujourd’hui, la concurrence polonaise, allemande, hongroise et espagnole prend des parts de marché significatives.

Avec le développement progressif du cabotage, le pavillon français continue à perdre du terrain : – 13,4% de tonnes-km dans le transport international sur les 12 derniers mois. Circonstance aggravante, cette crise touche essentiellement les PME françaises du secteur. 8 sur 10 des 40 000 entreprises de transport en France ont aujourd’hui moins de 10 salariés. Ce secteur représente en France environ 800 000 salariés dont 130 000 conducteurs. Placé dans un contexte défavorable, le secteur du transport routier français entame un nouveau round difficile avec deux défis : le réajustement vital de ses tarifs et la nécessité de répercuter la prochaine éco-taxe.

– Le secteur doit aujourd’hui réajuster ses tarifs à minima pour absorber l’augmentation des coûts salariaux de l’ordre de 3% en 2013 ; Les transporteurs devront aussi répercuter le coût de l’écotaxe à leurs clients dont bp2r estime l’impact entre 3% et 8% des coûts de transport selon les cas ;
– Pour bp2r, l’éco-taxe se répercutera forcément dans le panier de la ménagère ; toutes les entreprises françaises ne pourront compenser cette surtaxe par une amélioration de leur organisation transport, et le surcoût va naturellement se retrouver dans le prix final des produits ».

Sources : itchannel

Il est difficile d’imaginer pouvoir répercuter l’ensemble des coûts de cette taxe auprès des societés qui confient du fret à transporter alors que le volume global de fret ne cesse de baisser actuellement avec la crise :

« De l’angoisse dans les PME :

Faisant allusion à l’effondrement de l’activité lié, selon lui, à l’arrivée de la future taxe PL qui viendra alourdir une fiscalité déjà insupportable pour les TPE du TRM, et à son mode de répercussion lourd et coûteux, Roland Bacou a tenu à dire que « ce n’est plus de l’inquiétude qui règne dans l’entreprise, mais de l’angoisse ».

« Imaginer de libéraliser le transport sans avoir réuni les conditions d’une meilleure égalité de concurrence, c’est maintenir un bas niveau social dans certains États, tout en appauvrissant les entreprises des autres Etats membres », estime Roland Bacou.

On le voit la taxe PL va alourdir les charges des transporteurs dans un contexte déjà tendu. La baisse actuelle du panier moyen en e-commerce semble confirmer que les internautes sont assez prudents dans leurs achats et cette variation à la hausse des coûts de transport en 2013 peut encore renforcer davantage l’abandon de panier lié aux frais de livraison. 

Les deux impacts possibles de cette taxe PL pour les e-marchands sont à mes yeux :

– la poursuite de défaillance des acteurs du transport y compris de gros transporteurs.  La taxe PL couplée à l’insuffisance actuelle de fret à transporter fragilisent encore un peu plus les réseaux ou transporteurs déjà en difficulté. Il faut donc prendre des dispositions de secours dès à présent pour éviter d’avoir à changer de prestataire dans l’urgence s’ils venaient à disparaître.

–  le renchérissement des coûts de transport qui incite à rechercher dès à présent de nouveaux axes d’optimisation des schémas de transport pour limiter ou compenser ce futur surcoût des frais de transport liés à la taxe PL.

 

 

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