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Le Tribunal de Commerce vient d’annoncer hier qu’il allait, après la présentation par GEODIS de son offre remaniée,  statuer pour Vendredi 13 Avril le dossier SERNAM.

GEODIS a en  effet confirmé son offre de  reprise partielle notamment sur le plan de l’emploi avec 826 personnes sauvegardés sur un total d’environ 1400 personnes.

Après plusieurs semaines de discussions avec le seul repreneur déclaré, GEODIS, le sort de SERNAM est scellé presque en catimini. En comparaison avec d’autres dossiers récents tels SeaFrance ou Lejaby où le nombre d’emplois en jeu était important mais bien inférieur à celui de SERNAM la cause n’a pas eu beaucoup d’écho dans les médias.  Malgré une mobilisation sociale visant à interpeller les politiques en pleine campagne électorale le sort de SERNAM est scellé dans une quasi indifférence, comme si les emplois du transport routier n’avaient pas aux yeux du public et des médias la même place qu’une couturière ou un marin… Drôle d’époque tout de même.

 

Le gouvernement de son côté se veut rassurant, et on le comprend à quelques jours du scrutin, pour les employés qui ne seront pas repris en annonçant des propositions de reclassement au sein de la SNCF ou d’autres sociétés de messagerie. La décision, si elle est confirmée Vendredi, va entériner la disparition du SERNAM en tant qu’acteur de la messagerie. La marque va très probablement disparaître, les 800 salariés seront absorbés au sein du Groupe GEODIS et de ses filiales (30.000 personnes).

Puisque GEODIS avait fait savoir au cours derniers jours qu’il hésitait à maintenir son offre de reprise partielle en raison d’une situation financière trop fragile et le départ apparemment de clients significatifs, la solution qui se dessine semble la moins mauvaise et elle peut être accueillie avec soulagement.

Il n’en reste pas moins que SERNAM, c’est fini sur le plan d’un réseau de messagerie structuré au sens du transport (personnel, marque commerciale, véhicules, agences etc…) Après 40 ans d’activité et une vie bien mouvementée, l’histoire s’arrête avec un retour vers son actionnaire d’origine, la SNCF, qui l’avait crée en 1970 pour assurer la continuité du transport des marchandises transportées par train.

Après la disparition de COOL JET, MORY et maintenant de SERNAM, le paysage de la messagerie française continue de s’adapter au contexte du marché et au mouvement de concentration observé depuis déjà plusieurs années en Europe et en France.

N’oublions pas que déjà auparavant GRAVELEAU avait été racheté par DACHSER, JOYAU par SCHENKER, ALLOIN par KUEHNE et NAGEL etc…

Une page est clairement tournée avec la disparition de cet acteur historique de la messagerie mais on peut penser que les mouvements de fusion entre acteurs vont se poursuivre à l’avenir en raison de trois facteurs :

– un nombre d’acteurs encore trop important au regard de la taille du marché actuel.

– une rentabilité insuffisante pour être tenable dans un contexte économique incertain où le volume de fret reste à un niveau bas. Les actionnaires de ces groupes ne sont probablement pas disposés à s’inscrire durablement avec une visibilité quasi nulle.  Le retrait, il y a quelques mois, de DHL de ce marché en France, avec la renaissance de Ducros Express, illustre cette situation.

– un besoin grandissant d’avoir un réseau européen et non plus national pour accompagner les flux internationaux des grands groupes.

Le rythme  de ces prochaines étapes va, à mon avis, dépendre d’abord du contexte économique général en Europe puisqu’il influencera directement le volume de fret à transporter. En attendant, les e-marchands ont intérêt à surveiller de près les évolutions du marché et à gérer avec soins leurs relations avec les messagers pour ne pas être déstabilisés par les prochains changements.

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